Félix LABISSE

Fortune critique suite

Fortune critique, suite

 

«Dans les toiles de Félix Labisse où le souci le plus visible est celui de donner à des symboles sexuels une allure théâtrale - buste de femme nue dont la tête est recouverte d’une cagoule rouge, oeuf à l’intérieur d’une couronne d’épine - une technique appliquée mais trop simplificatrice et des oppositions très franches de couleurs font paraître les tableaux de Magritte qui leur font face étrangement classiques».

              Alain Jouffroy, Arts, 1954.

 

« […] Vos donneurs de conseils, plus ils passent, sont étonnants. Vos diablesses sont magnifiques. […]»

              André Breton, lettre à Félix Labisse, 1957.  

 

« [...] Chaque oeuvre propose un rébus, inquiète, charme ou révolte le spectateur. [...] Ici luit un regard au coeur d’une rose volante, là saigne une main gantée, ailleurs un corps de femme a pour tête une figue éclatée ou un mufle de fauve. Tout est inattendu, équivoque, plein de ruse et de drôlerie.

Des constantes cependant. Une certaine crainte de la femme, malgré la place importante de celle-ci dans son oeuvre. Labisse a du avoir beaucoup de comptes à rendre aux belles de sa vie. Il y a beaucoup de dents, de griffes, de becs, de métamorphoses animales dans ses personnages féminins. Ce costaud a du trembler plus d’une fois devant de belles tigresses chevelues.»

              Stéphane Rey, Le Phare - Dimanche de Bruxelles, 10 juillet 1960.

 

« […] Sous le signe de l’empuse, la femme qui habite les tableaux de Labisse est presque toujours un piège ou une provocation ; elle apparaît dans l’éclat brutal d’un scandale illuminé. […] »

              André Pieyre de Mandiargues, préface pour l’exposition Labisse au Musée Galliera, Paris, 1962.

 

« […] Au royaume inquiétant de Circé et d’Omphale, Labisse, de droit divin, occupe la charge de Grand Enlumineur. […] »

              Patrick Waldberg, préface à l’exposition Labisse, Galerie Europe, Paris, 1965.

 

« […] Felix qui potuit rerum cognoscere causas, a dit Virgile en pensant certainement à toi. […] »

              Raymond Queneau, discours de remise de l’épée d’académicien à Félix Labisse, 1967.

 

« Ce n’est pas à moi de présenter Félix Labisse. Ceci pour plusieurs raisons : il est depuis longtemps présenté, expliqué, honoré, admiré par les plus grands poètes et artistes de notre époque qui sont ses égaux. Et puis, depuis longtemps déjà, ses œuvres se sont présentées d’elles-mêmes, se sont fait connaître et ont influencé, fructifié, des artistes et d’autres œuvres. […] Décorateur ou peintre, Labisse nous présente le monde autrement que nous avons l’habitude de le voir ou de le comprendre. […] »

              Eugène Ionesco, préface à l’exposition Labisse, Galerie Isy Brachot, Bruxelles, 1970.

 

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